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  • L'Entretien du Lundi - Claude Onesta : "La préparation est vécue avec beaucoup de pudeur."

L'Entretien du Lundi - Claude Onesta : "La préparation est vécue avec beaucoup de pudeur."

Le sélectionneur de l'équipe de France a communiqué vendredi la liste des 20 joueurs amenés à débuter la préparation pour les Jeux Olympiques de Rio, à partir du 24 juin à La Toussuire. Claude Onesta évoque cette période particulière où les joueurs seront à la fois en concurrence et mobilisés pour préparer les J.O.

L’annonce de cette liste pour la préparation constitue-elle le moment le plus délicat de ton métier ?

Pas vraiment car en réalité dans cette liste des vingt apparaissent les joueurs qui sont dans le projet depuis des mois. Incontestablement le plus délicat sera passer de 20 à 15, voire à 14 et 1/2. C’est le moment le plus douloureux car c’est celui où les garçons qui peuvent espérer s’envoler pour les J.O. seront très déçus. Et au regard de la liste, des joueurs qui comptent quelques sélections ne seront pas du voyage.


Dans cette liste figure par exemple William Accambray qui a été très peu utilisé en club…

La préparation ne sera pas une formalité. Avec l’expérience des préparations précédentes, on se rend compte que tout repart à zéro. Bien sûr la participation d’un garçon comme Nikola Karabatic n’est pas remise en question. Mais après trois semaines de vacances et un cycle de cinq semaines de travail, avec des entrainements quotidiens, des garçons qui n’étaient pas forcément opérationnels, peuvent le devenir. Ce n’est pas une illusion : les préparations précédentes ont montré que des garçons prenaient l’ascendant.


Samuel Honrubia a annoncé son retrait de l’équipe de France, est-ce une décision unilatérale ?

Samuel a demandé à me voir pendant la semaine passée en commun en avril dernier et nous avons encore échangé il y a quelques jours. Il a évalué la situation de manière assez posée et réfléchie. Il sait pertinemment ce que la préparation représente comme difficulté et il se doute que, sauf blessure, il risque de ne pas être à Rio. La polyvalence de garçons comme Kentin Mahé ou de Mathieu Grébille, est plus intéressante dans une équipe au profil à 14 joueurs.


La concurrence animera le groupe pendant cette préparation. Comment la gères-tu?

Il y a deux périodes de préparation bien distinctes. La première à la Toussuire sera orientée sur le travail physique. On ne va pas s’épargner la dimension du travail physique. La règle du jeu est connue et acceptée par tous et les garçons souffrent ensemble dans une forme de cohésion. Il est difficile de faire la différence dans cette période là. C’est lors du 2e stage à Rodez, que le jeu et les organisations seront mis en place. C’est à ce moment que le groupe entre dans une phase plus concurrentielle, où certains comptent peut-être les jours. Pour autant, la force de cette équipe est de privilégier l’intérêt général, dans une forme de respect. Je n’ai pas le souvenir d’avoir vu des concurrents se prendre le bec. Cette période est vécue avec beaucoup de pudeur. Puis arrive un moment où il faut bagarrer pour valider sa place et investir pour ce qui leur permettra de jouer les premiers rôles. Il y a une dimension de souffrance indispensable, ce sentiment de devoir souffrir pour le mériter. Puis, les 4-5 jours qui précèdent le départ, le travail devient délicat car l’inquiétude de la blessure prédomine. C’est seulement lorsque le joueur monte dans l’avion qu’il se sent partant pour les J.O., il sait ensuite que tout peut arriver.


Alors comment procéder, sans matches de préparation avant l’annonce de la liste, à l’évaluation des joueurs ?

Le 14 juillet, au moment de l’annonce de la liste pour les J.O., personne n’aura atteint son pic de forme. Cette période de trois semaines de vacances qui vient de s’ouvrir est un véritable bienfait et une vraie difficulté à gérer au moment de la remise en forme. En même temps que les joueurs ont reçu leur convocation, ils ont découvert le programme physique à suivre. Sur le plan chimique, leur organisme requiert de l’effort. Je ne les vois pas arriver avec 3-4 kg de plus, ce serait malheureux et ce ne serait pas un signe positif vis à vis du staff et de leurs coéquipiers.


Quels enseignements avez-vous tiré de l’échec relatif de l’Euro en Pologne (5e) et à quels ajustements allez-vous procéder ?

Cela nous permet de rester en éveil et d’être bien concentré sur ce qu’il faut réaliser au quotidien. Les compétitions dans lesquelles nous avons échoué, nous les avions peut-être traité un peu de façon décalée, peut-être avec un manque d’ambition. La préparation des J.O. intervient après une phase de vacances et offre une période de travail conséquente. Nous allons l’utiliser pour travailler mais il ne faut pas non plus imaginer que notre jeu devienne très différent. Le jeu est adapté à la pratique de nos joueurs, à leurs éléments prédominants. Notre schéma est construit. En revanche, il faudra être plus précis qu’à l’Euro et éviter ce qui nous a été le plus préjudiciable. Nous devrons proposer un jeu plus équilibré avec je l’espère une prestation défensive plus maitrisée.


La qualification pour ces Jeux de Rio était intervenue avec le titre mondial de janvier 2015. En quoi est-ce aujourd’hui un avantage vis à vis de vos concurrents ?

Cela nous a permis de gérer la programmation de manière idéale, je pense notamment à cette semaine d’avril où la plupart des autres équipes se bagarraient. Pendant ce temps, nous avons pu faire le bilan de l’Euro, sans nous affoler et en nous projetant de façon très précise. Idem actuellement où de nombreuses équipes sont engagées dans les qualifications au Mondial 2017 pendant que nos joueurs vont bénéficier de vacances conséquentes. Je ne prétends pas que nous détenons la formule idéale mais j’apprécie notre programmation et j’espère que nous saurons en tirer profit.


Pourquoi ne pas avoir opté pour une préparation en Amérique du Sud ?

Nous disposons de suffisamment d’éléments sur le climat et sur le site olympique pour nous éviter la logistique d’un voyage supplémentaire. Il n’y aura pas de contrainte sur place avec la proximité immédiate des lieux à Barra, entre le village olympique et les installations sportives. La température ne sera pas excessive à ce moment de l’année et ne nécessitera pas une acclimatation particulière.


Pour aborder la vie au village olympique de Rio, quelles expériences retirez-vous d’Athènes, de Pékin et de Londres ?

Ce sont des connaissances bien utiles pour comprendre ce que sera la vie au village et pour connaître les contraintes que cela génère comme potentiel d’explosion. Le village est un environnement qui sent la peur et la pression. Les joueurs les plus anciens ont déjà vécu cela et protégeront les plus jeunes.


Avec le Danemark, la Croatie, la Tunisie, le Qatar et l’Argentine, la gestion ne sera pas de mise lors du 1e tour des Jeux Olympiques…

Si j’avais pu choisir notre poule, je n’aurais sûrement pas opté pour celle-là. J’ose espérer que nous serons qualifiés pour les quarts de finale où nous jouerons face à une équipe qu’il faudra de toute manière battre. Les J.O. se résument à trois matches, le quart, la demie et la finale. L’équipe (NDLR : la Russie) qui nous avait battus à Athènes en 2004 était sûrement moins bonne que nous mais elle avait compris quel était le moment de l’enjeu.


Les volleyeurs viennent de se qualifier alors que les basketteurs devront décrocher leur billet début juillet à Manille…

J’avoue ne pas avoir trop envie de me mettre à la place de Vincent Collet. Il doit penser à la préparation au delà du TQO de Manille alors que la saison n’est pas terminée et il ne disposera pas de tous les joueurs clefs pour cette qualification. Les stars de la NBA arriveront ensuite et il faudra remplacer les joueurs qui auront décroché le billet. C’est un drôle d’enchaînement et une vraie difficulté.


Cinq mois après les J.O., se présentera le Mondial 2017 en France. Un échec aux J.O. ne serait pas une lampe de lancement idéal…

Cela fait partie des risques en effet car le Mondial 2017 est aussi un objectif majeur. Tous les joueurs, notamment quelques anciens, ont envie de terminer leur aventure à la maison, avec tout ce que représente un Mondial à domicile et toute la passion qui va l’entourer. L’équipe actuelle est construite pour les deux échéances car nous aurons seulement une semaine en commun, à l’automne, pour les qualifications à l’Euro 2018. Il n’est pas utile de penser qu‘on changera l’équipe entre les deux compétitions. Le Mondial est imaginé dans la continuité des J.O.