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Euro 2014 - Le Mag' : Valentin s'ouvre la porte

Une histoire de providence ? Alors que les Bleus, privés depuis plus d'un an de Xavier Barachet, arrière droit titulaire, cherchait une alternative, elle est arrivée du point de corner. Le gaucher Valentin Porte, parachuté depuis peu sur le poste, ne cesse d'étonner. Appelé par Claude Onesta il y a un an à peine en tant qu’ailier droit, c’est pourtant sur la base arrière qu’il se fait remarquer au plus haut niveau international, à tel point qu’il a obtenu sa place parmi les titulaires français. Demi-surprise seulement, car le joueur de Toulouse est un travailleur acharné. Et pugnace.

Il fait presque figure d’ovni. Au sein d’une équipe de France où les cadres que sont Daniel Narcisse ou Nikola Karabatic font le métier, et où quelques nouveaux arrivants comme Mathieu Grébille et Igor Anic apportent leur pierre à l’édifice, Valentin Porte, lui, a endossé, naturellement, un rôle de premier plan. Pourtant, le profil du natif de Versailles, élevé à Toury en Eure-et-Loir, est singulier. D’abord parce qu’en tant qu’ailier reconverti en arrière capable d’attaquer et de défendre comme tel, il n’a ni le physique ni le style de jeu de la plupart de ses homologues ; ensuite, en raison de sa capacité à intégrer si rapidement le sept majeur tricolore, malgré ses 23 ans et de sa vingtaine de sélections. Le garçon, donc, étonne tout le monde, même ses parents. «Avec sa mère, nous sommes extrêmement fiers de lui, confie le papa, ex-international de hockey-sur-gazon. Mais si on nous avait dit il y a un mois qu’il serait titulaire au poste d’arrière droit en demi-finale de l’Euro, on aurait quand même souri ! » Un poste d’arrière droit laissé orphelin en raison de l'absence prolongée de Xavier Barachet et qui représentait un sacré casse-tête pour l'équipe de France a donc trouvé preneur. Valentin débarque avec un style bien a lui, très percutant, associé à une insouciance et un engagement de chaque instant. « Il n’y a pas de jeu typique ou atypique, explique Nikola Karabatic. Il y a un jeu intelligent ou pas. Avec Valentin, on trouve beaucoup de solutions, il sait quel intervalle attaquer, il n’a pas peur de s’engager et même de tirer. Il sait tout faire ». Hommage du maître à l’apprenti qui témoigne de l'éclosion du Toulousain dans l’effectif. 


Tel une éponge
« Partout où je suis passé, dans toutes mes sélections, j’ai l’impression de ne jamais avoir été vraiment prévu ! Je n’ai jamais été le premier choix, on me prenait pour voir ce que ça allait donner et grâce à la chance, au hasard et au travail, j’ai réussi à atteindre mes objectifs », se souvient l'intéressé. Le travail, une caractéristique du jeune joueur qui revient souvent dans les paroles de ses coéquipiers. « On a vite remarqué sa soif d’apprendre », se souvient Benjamin Herbet, le titulaire de l’époque à l’aile droite au club de Mainvilliers-Chartres Handball, où Valentin a fait ses débuts en N2 pour la saison 2006-2007 à tout juste 16 ans ! La chance, il en a eu parfois aussi. « Il est arrivé sur la pointe des pieds dans un groupe soudé, et n’entrait pas dans les plans à court terme de l’entraîneur, continue son ancien coéquipier. Mais lors du dernier match de préparation avant le début de la saison, je me casse le nez et dois me faire opérer. Valentin se trouve donc propulsé dans le grand bain plus tôt que prévu et en profite pour oser et grandir bien vite ! À mon retour, nous étions en concurrence car il disposait de possibilités que je n’avais pas, notamment sur les rentrées et tirs d’arrière, déjà à l’époque ».

L’engagement physique, il l’avait aussi. Lors de la demi-finale aller pour l’accession en Nationale 1, il est victime d’un KO suite à un coup de coude qui le prive du dernier match de la saison. Mais ce qui marque le plus ceux qui l’observent et le côtoient, c’est sa formidable capacité à appliquer les conseils et les consignes. « On a le sentiment d’avoir un robot à qui on donne l'information et qui l’assimile immédiatement pour la mettre en application, s’amuse Jérôme Fernandez. Il a des mises à jour hebdomadaires et même quotidiennes, qui font qu’il prend une dimension qui n’était peut-être pas prévisible aussi rapidement ». Une véritable éponge, qualité qui lui permet en quelques mois de passer du statut d’ailier droit à celui d’arrière à Toulouse, puis en équipe de France.


L’humble
Malgré cet intérêt soudain pour un jeune joueur en pleine ascension, la pression semble moins peser sur ses épaules que sur sa tête, qui reste bien en place. « C’est sa grande force, cette humilité qui le fait écouter les autres, explique Benjamin Herbet. Et ses parents y sont pour beaucoup ». Des parents qui ont toujours estimé que la réalisation par le sport était un gage de l’apprentissage de valeurs essentielles à la construction de la personne, comme la solidarité, l’entraide, l’engagement. « Avec ma femme, on a incité Valentin à se diriger vers le handball dans notre village pour lui inculquer cette mentalité, explique encore son père. S’il parvient à conserver sa modestie et son humilité, il pourra continuer à progresser. J’aime voir mon fils signer des autographes pendant une heure après les matchs, et quand on voit des gens comme Nikola Karabatic ou Jérôme Fernandez saluer son intelligence de jeu et son travail, ça nous donne presque les larmes aux yeux, parce que c’est une vraie reconnaissance pour notre fils. ». De l’enfant hyperactif avide de sport et de ballon, Valentin s’est peu à peu transformé en un joueur talentueux et un homme respectable. Autant de qualités qui pourraient bien jouer un rôle majuscule dans le carré final de l'Euro.