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ENTRETIEN DU LUNDI – Vincent Gérard : « La veille de la demi-finale, j’ai dormi comme un bébé »

Vincent Gérard est l’invité de l’Entretien du Lundi où il revient sur le Mondial 2017 et évoque son actualité. Élu meilleur gardien de la compétition, il a changé de statut mais cela n’altère pas sa simplicité.

Deux mois après le titre mondial décroché à l’AccorHotels Aréna, réalises-tu aujourd’hui l’ampleur de la performance ?
Oui je réalise bien sûr, nous sommes champions du monde ! Quand je me penche sur mon parcours lorsque j’ai débuté le Handball, c’est assez incroyable. Je me souviens aussi lorsque je cavalais gamin en criant « champion du monde ». Et voilà, c’est arrivé.

Avec du recul, comment analyses-tu la performance de l’équipe ?

Nous avons agi tel un rouleau compresseur. Notre match le plus difficile a été le quart de finale face à la Suède, une très belle équipe qui produit un jeu porté vers l’avant. Jusque là elle avait concédé une seule défaite face au Danemark et un exceptionnel Niklas Landin avec ses 25 arrêts. Nous avons aussi fait preuve de sérénité. Le soutien du public a été également précieux et notre expérience nous a servis dans les moments difficiles.

En quoi la finale perdue à Rio, même si elle était synonyme de médaille d’argent, a t’elle compté dans votre façon d’aborder le Mondial ?
Nous avons passé deux mois tous ensemble et on a échoué à la 2e place. Malgré un beau parcours, notre sentiment était mitigé. C’était terrible et nous avions la ferme volonté de ne pas revivre cela. Je crois que cela nous a tous poussé à faire un peu plus afin que cela ne se reproduise pas. Reprendre un 26 décembre avec un tel objectif nous a donné un surplus de motivation.

À la sortie du Mondial, tu as été avare de sentiments pour décrire ta performance. Aujourd’hui, peux-tu te livrer un peu plus sur tes performances qui t’ont valu d’être élu meilleur gardien de la compétition ?

J’ai réussi à enchaîner trois matches pleins et j’étais très heureux d’avoir été en grande forme à ce moment là, dans un cycle de confiance. J’ai fait en sorte d’avoir un rôle puisque les coaches avaient fait appel à moi. Je n’étais pas venu en spectateur et dès lors qu'on me fait confiance, je dois la rendre. Rien n’est donné d’avance mais à 30 ans, j’ai un peu d’expérience et j’étais prêt dans ma tête à jouer. Le bénéfice, je pense, de la maturité. Mais franchement je ne pensais pas avoir autant de temps de jeu. Avant le quart, le match couperet, j’ai mal dormi. En revanche la veille de la demi-finale, j’ai dormi comme un bébé.

Ressens-tu, au quotidien ton changement de statut ?

Quand je vais dans les salles à l’extérieur, j’ai plutôt habitude de me faire siffler, notamment parce que je suis chambreur. Nous sommes quatre champions du monde à Montpellier et les gens sont contents de nous voir, nous félicitent et nous disent merci. C’est un plaisir de donner du bonheur aux gens.

Tu tends la perche pour évoquer ton côté chambreur : est-ce bien raisonnable ?

Ce n’est pas dans mes plans de totalement changer, ce qui compte c’est de rester performant et humble. Thierry (Omeyer) est aussi chambreur. Je travaille depuis un moment sur le fait de brancher ou pas, sur le moment de le faire, à bon escient…

Il y a un mois tu as marqué aux 6m face à Michaël Robin. Qu’as-tu ressenti et en quoi est-ce différent de l’émotion après un arrêt ?
Quand un gardien marque, on commente son style : tu sautes moins haut, tu dribbles moins bien…

Il y a d’abord l’interception et c’est une question de timing. C’est un truc que je maitrise bien et que je fais régulièrement. Patrice Canayer nous demande de couper les contre-attaques et de bloquer le jeu rapide. Cela me plait bien mais il faut faire attention de ne pas toucher l’adversaire. Face à Créteil, me projeter vers le but était la solution. Je n’ai pas eu le temps d’exulter car il fallait vite se replier et d’ailleurs nous avons pris le but. Quand tu fais un arrêt, tu relâches tout pour faire retomber la pression et marquer aussi l’adversaire.

Hier soir tu as disputé le quart de finale de la Coupe de France face au Pays d’Aix UC où évolue ton frère Yvan. Comment gères-tu cela ?

Je suis content qu’il ait pu reprendre car il était blessé et c’était pénible pour lui. Même si on se branche un peu avant le match, nous affronter n’est pas un truc que j’apprécie. Pour nos parents, c’est aussi compliqué. C’est plus récurrent depuis trois ans alors on se prend moins la tête avec ça.

Ton engagement est méconnu par le grand public mais tu es très actif avec l’AJPH (Association des Joueurs Professionnels de Handball) puisque tu as été élu vice-président de l’association…
C’est un engagement bénévole. Il y a plusieurs années je me souviens que Cédric Burdet nous avait sensibilisé et cela m’avait marqué. Si nous souhaitons que le Handball se développe et se porte bien, c’est l’affaire de tous et il ne faut pas être égocentrique. Il faut que certains joueurs aient une démarche, comme par exemple Jurie Dolenec qui apporte aussi sa voix. L’objectif est de faire avancer le Handball, conseiller les plus jeunes, se préoccuper de l’accueil des joueurs étrangers… Le Handball a toujours eu une part importante dans ma vie mais j’ai toujours relativisé. Mes parents m’ont inculqué des valeurs auxquelles je suis attaché et sur lesquelles je ne transigerai pas, c’est pourquoi je n’hésite pas à m’exprimer publiquement.

Si le Montpellier HB est distancé en Lidl StarLigue, deux beaux défis vous attendent…
En effet il reste la Coupe de France et la Ligue des champions. La saison peut tourner des deux côtés : remporter au moins un titre ou ne rien gagner et alors notre saison aura un goût d’inachevé. La nouvelle formule de la Ligue des Champions prend beaucoup d’énergie et nous avons parfois connu des baisses de régime. Notre équipe est jeune et instable, capable de faire de grandes choses contre Paris et des beaucoup moins bonnes face à Chambéry. Quel sera notre visage face à Kielce dimanche prochain ? Nous n’allons pas nous présenter en victime expiatoire mais il est certain que ce sera difficile face au tenant du titre avec en plus le match retour en Pologne.