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ENTRETIEN DU LUNDI – Nikola Karabatic : « De la notoriété, de l’affection et même de l’amour. »

MVP du Mondial 2017, sacré champion du monde pour la 4e fois et désigné meilleur joueur du monde pour la 3e fois (record), Nikola Karabatic évoque, à bientôt 33 ans, sa fierté d’être Handballeur. Niko révèle aussi qu’il était blessé au pied pendant le Mondial…

Samedi passé, tu n’as pas pu participer au huitième de finale aller de la Ligue des Champions face à Nantes alors la question n’est pas seulement d’usage : comment vas-tu ?
J’étais malade et je n’ai pas pu jouer. J’ai regardé le mach à la maison et ce n’était vraiment pas facile de suivre mes coéquipiers devant mon écran. J’ai repris l’entraînement ce lundi.

Tu as du ronger ton frein pendant ce match qui promet un huitième retour très excitant samedi prochain...
C’est une situation que je n’aime pas du tout car je me sens impuissant. On savait que le match allait être difficile et que ce serait compliqué de gagner à Nantes. Nous avons mené 2 buts à 2 minutes de la fin et nous avions tout en main pour gagner mais nous avons terminé en double infériorité numérique. Ce match nul est plutôt un bon résultat même si on sait que tout peut arriver au match retour. On sera fort chez nous.

La semaine passée a été animée par l’annonce de la retraite internationale de Thierry Omeyer et de Daniel Narcisse. Quel est ton sentiment sur le prochain départ de ces deux figures avec lesquelles tu as tant partagé notamment en équipe de France ?
Bien sûr que cela m’a fait de l’effet. Ils étaient déjà présents en équipe de France lorsque j’ai débuté en 2002 et j’ai effectué toute ma carrière avec eux. Nous avons vécu de grands moments, parfois difficiles, et je suis fier d’avoir porté le même maillot et d’avoir partagé un grand bout de leur carrière. Cela fera quelque chose de bientôt ne plus les voir dans les rassemblements de l’équipe de France. Thierry et Daniel ont énormément donné et contribué aux résultats de l’équipe de France et à l’essor du Handball.

Ont ils été des sources d’inspiration ?
Thierry a débuté en 1999 et Daniel en 2000, une période où j’étais au centre de formation de Montpellier. Je les ai vus devenir champion du monde en 2001 devant ma télévision. J’ai eu la chance de très vite jouer et de m’entraîner avec Thierry. C’était impressionnant de le côtoyer et de tirer contre lui. Être confronté au quotidien à celui qui allait devenir le meilleur gardien de tous les temps m’a énormément fait progresser.

Le 11 avril prochain, tu fêteras déjà tes 33 ans. Est-ce que leur annonce te fait t’interroger, à moyen ou long terme, sur ton avenir en équipe de France et ton engagement en club ?
Plus tu avances dans ta carrière, plus tu vois des copains arrêter et tu sais que cela t’arrivera aussi. Daniel et Thierry ont donné de l’espoir à tous les Handballeurs. Ils ont saisi cette chance là de pouvoir arrêt après un titre de champion du monde à la maison. Je vais avoir bientôt 33 ans et j’espère continuer à jouer à un bon niveau pour aider mes coéquipiers.

Après avoir été désigné MVP du Mondial 2017, tu as été élu meilleur joueur du monde 2016. Tu sembles accueillir ces récompenses avec toujours le même plaisir. De quelle récompense individuelle es-tu le plus fier ?
Je ne gagne pas tout seul et lorsque des récompenses individuelles sont couplées à des réussites collectives, c’est vraiment ce qu’il y a de plus beau. Je suis très fier d’avoir été désigné une troisième fois d’autant que cela constitue un record. Cela récompense mon travail et tout l’engagement que j’y mets. J’ai plaisir à partager ces titres avec mes coéquipiers, mes coaches et mes supporters.

Peux tu stp réagir sur les propos tenus par le footballeur Thierry Henry dans une récente interview ? « La différence entre le bon joueur et le très grand, c'est que le très grand c'est un tueur. » Ou encore : « arriver au très haut niveau, c’est être à part et cela ne sert à rien de l’analyser, car le très grand n’est pas humain. »
Je suis d’accord avec lui mais je ne peux pas me juger et me définir. Il a raison pour ce qui est du moment où tu rentres sur le terrain où je suis en effet très différent ce que je suis dans la vie. La différence se fait dans la tête avec une grande intensité, de la concentration et beaucoup de rage de vaincre ; la volonté aussi de ne jamais abandonner.

En revanche, tu peux certainement nous dire à quel moment tu as ressenti cette rage de vaincre qui te caractérise et qui te distingue du « bon joueur »?
J’ai senti très tôt, si je puis dire, que j’étais supérieur dans ce domaine. J’ai été rapidement surclassé et lorsque tu es confronté à des gens plus âgés que toi, c’est le mental qui fait la différence. Cette force mentale, mon niveau d’ambition et de motivation, sont arrivés en complément de mes capacités physiques et techniques.

En quoi la défaite en finale des J.O a t’elle contribué à votre succès lors du Mondial 2017 ?
Me concernant, ce n’est pas du tout lié. Sur le coup j’étais très triste. Ce n’est pas comme une défaite en finale de l’Euro ou d’un Mondial où on se ment un peu quand on se dit heureux de remporter une autre médaille que l’or. Mais aux J.O., c‘est différent, car tu rapportes quand même une médaille d’argent olympique qui concrétise une longue aventure. Cette compétition s’est jouée sur quelques détails et nous sommes restés sur la dynamique pour nous imposer ensuite à la maison avec l’aide de nos supporters, un avantage non négligeable.

Depuis quelques mois en équipe de France, cela constitue une première pour toi, tu es dirigé par des anciens coéquipiers. En quoi est-ce éventuellement différent et songes-tu toi aussi à embrasser une carrière de technicien ?

Oui c’est spécial et franchement je suis super content d’avoir d’anciens coéquipiers pour entraîneurs. Les rapports sont sains et, que ce soit avec Didier ou avec Guilaume, nous savons faire la différence entre nos relations amicales fortes et l’autorité quand il s’agit du terrain. Ce serait problématique s’il en était autrement. De part ma fonction sur le terrain, en club ou en équipe de France, je suis pas mal consulté par les coaches et j’échange beaucoup avec les joueurs sur la tactique, l’analyse des adversaires. Alors bien sûr c’est un métier intéressant mais je ne suis pas sûr aujourd’hui d’avoir envie de replonger dans tout ce stress après ma carrière.

Plus que sur toute autre compétition majeure, tu as été ménagé, notamment lors du France - Pologne. Comment acceptes-tu cette gestion et en quoi est elle éventuellement bénéfique ?
En fait j’ai disputé tout le Mondial avec des douleurs atroces au pied. Une douleur s’est réveillée au cours du mois de décembre et il a fallu disputer le Mondial ainsi. Après chaque match, je passais une heure aux soins avec le staff et le lendemain je ne m’entraînais pas car je boitais. Contre la Pologne, c’était donc un luxe de ne pas jouer pour offrir un jour de repos de plus à mon pied

Ce week-end se tiendra l’Assemblée générale élective. Même si tu dois te consacrer à ta carrière de compétiteur, es-tu un fin observateur de la vie fédérale et plus largement des initiatives telles que le développement des nouvelles pratiques, la construction de la Maison du Handball… ?
Lorsque j’ai débuté, je n’avais pas honte d’être Handballeur mais ce n’était pas très reconnu. Aujourd’hui tout le monde sait de quoi on parle : le Handball est devenu le sport collectif le plus titré en France. Gamin je rêvais de voir des Handballeurs faire des pubs à la Télévision comme les footballeurs et c’est arrivé pendant le Mondial où on a aussi rempli un stade avec plus de 28 000 personnes. C’est juste incroyable. Alors oui je regarde l’évolution de mon sport et de ma fédération car je suis impliqué. Je suis impatient aussi de voir la tête de la future Maison du Handball. Je le dis souvent dans les interviews : il n’y a pas seulement les médailles qu’on a remporté, il y a de la notoriété, de l’affection et même de l’amour. Aujourd’hui, c’est une vraie fierté de voir autant de petits gamins se présenter dans les clubs qui ont même parfois du mal à les accueillir, tant ils sont nombreux.