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#Entretien du lundi : Didier Dinart : « Cette médaille de bronze vaut de l’or »

Au lendemain de la médaille de bronze décrochée à Zagreb, Didier Dinart revient sur les temps forts de l’EHF EURO 2018 et évoque l’avenir.

Quelle image marquante retiendrais-tu de ce championnat d’Europe ?
Je retiendrai le 12 janvier, contre la Norvège, car nous avons vraiment fait le nécessaire pour rentrer dans cette compétition, d’une manière générale. Nous jouions d’entrée le vice-champion du monde qui présentait une équipe au complet et nous avions énormément d’incertitudes. Je pense que c’est l’élément déclencheur sur ce championnat d’Europe.

Considères-tu cette médaille de bronze comme un résultat probant ?

L’histoire commence en octobre dernier à la Golden League. Si on nous avait dit à ce moment-là que nous allions être médaille de bronze au championnat d’Europe, plus d’un aurait signé et peut-être même moi le premier. C’est sûr que lorsqu'on regarde la compétition et la sérénité que nous avons eu à certains moments, je me dis qu’on est peut-être passé à côté de quelque chose, de cette demi-finale particulièrement. Mais avec huit joueurs dans l’équipe pour qui c’était une première de participer à une demi-finale de championnat d’Europe, il faut relativiser. Cette médaille de bronze vaut de l’or pour moi, elle vient couronner un travail de cohésion d’un mois.

Un résultat obtenu malgré plusieurs absents…
Il y a bien sûr une pression considérable mais je n’ai pas pour habitude de me cacher. C’est pour cela que je n’ai pas parlé d’absences à déplorer, j’ai toujours parlé d’accès aux demi-finales. Je pense que cela se reflète d’ailleurs énormément sur l’état d’esprit du collectif et les joueurs se sont donné les moyens d’obtenir cette fameuse médaille de bronze. C’est une certaine manière de fonctionner et sur les convictions à avoir.

Quelle est votre analyse de cette demie perdue face à l’Espagne ?

C’est peut-être l’inexpérience et un excès de confiance, ou un manque de maîtrise par lesquels résultent cette contre-performance. Nous avions le sentiment d’être prêt, de pouvoir jouer cette rencontre et nous ne savons pas ce qui s’est passé. Nous avons fait un non-match, sans savoir pourquoi. Durant la préparation, tout le monde y était, mais quelquefois il n’y a pas forcément d’explication à aller chercher. Il faut quand même retenir que sur huit rencontres, nous en avons perdu seulement une, alors que le vice-champion d’Europe en a quatre au compteur.  

Battre la Norvège, la Suède, la Croatie et le Danemark renforcent elles votre impression du travail bien fait ?
Il y a énormément de satisfaction. Nous présentons une équipe « jeune » et nous battons le vice-champion du monde. Nous battons le pays hôte, ce qui n’était pas une tâche facile, puis la Suède qui pour moi est un adversaire de qualité. Tous ces facteurs réunis en font un très bon bilan de la compétition. Nous faisons un parcours avec la manière, où certains joueurs ont pu éclore, comme Dika Mem qui a été très efficace les deux premiers tours. Nous avons vu aussi Adrien Dipanda s’émanciper dans le secteur défensif et qui a pu assoir vraiment notre jeu tout comme Kentin Mahé qui a finalement été un leader au poste de demi-centre. Il y a eu pas mal de belles progressions et tout le monde a trouvé sa place. Valentin a pleinement pris sa place dans le groupe. Au départ il était un peu sur la réserve, il n’osait pas dire certaines choses mais on l’a vu vraiment grandir sur cette compétition, il a su exprimer ses pensées et c’est son droit. Il est irréprochable au niveau de la combativité donc il a une légitimité dans l’expression de ses impressions.

Romain Lagarde a débuté timidement avant d’éclore. Que lui as-tu dit afin qu’il soit plus impactant ?
Je connais Romain Lagarde depuis l’Euro U18 en Pologne (2014). Je connais son fonctionnement. Il faut toujours mettre les jeunes le plus à l’aise possible afin qu’ils prennent confiance. Je lui ai tout simplement dit de jouer, de faire ce qu’il savait faire, que ce n’est pas grave de rater, mais que si c’était le cas, la meilleure façon de récupérer une action c’est de replier et défendre rapidement. C’est d’ailleurs ce qu’il a fait, je pense qu’il a été très intéressant. Il a fait une bonne continuité dans la lignée du match contre la Croatie et contre l’Espagne, alors que c’était le feu, il a quand même réalisé un beau 3/4 en 13 minutes. C’est très intéressant pour la suite.

Tu as beaucoup managé pendant les matches, y compris sur le poste de gardien. Est-ce ta marque de fabrique ?
Je ne m’interdis rien. J’ai toujours dit aux joueurs qu’il y avait 16 joueurs disponibles et n’importe qui peut rentrer à tout moment dans le match. Cela explique aussi que Cyril Dumoulin rentre dans les deux dernières minutes du match contre la Norvège. Il a pu faire un arrêt décisif, capital pour cette fameuse victoire. Tout comme un Vincent Gérard qui rentre à 5 minutes de la fin contre le Danemark. Ce sont des choses qui existent dans le management, les joueurs le savent. Tout le monde est concerné à tout moment surtout à la préparation du match. Nous ne présentons pas avec un sept de départ qui jouera en permanence, sans rotation. Il faut avoir la tête froide. Je dis souvent qu’entraîner c’est comme aller à un examen. Si tout a été préparé, on est beaucoup plus relâché. Je construis mes matches, il faut être méthodique, minutieux, car il faut anticiper et avoir toutes les cartes en main.

Quelle relation as-tu instauré avec les joueurs ?

Si vous voulez connaître les avis sur ma façon de faire, il faut poser la question aux joueurs. Le plus important au départ a été de créer une alchimie dans ce groupe pour qu’ils puissent se parler. Des joueurs ont pu se révéler et prendre plus les choses en main. À partir du moment où on exprime ses idées, qu’on ne reste pas sur la réserve, on peut crever tous les abcès, à tout moment. Nous nous disons vraiment les choses, en permanence et nous avons su avancer tous ensemble.  Le joueur veut tout simplement avoir la confiance d’un l’entraineur. J’ai été à leur place, je sais comment ça se passe. Quand je vois un joueur en difficulté, je ne me gêne pas pour aller lui parler. Un joueur peut savoir la veille qu’il va commencer le match car j’estime qu’il a besoin de se construire. Donc je ne m’interdis pas les échanges. Toute la journée je navigue, j’essaye de parler à tout le monde.

En quoi votre expérience de joueur est-elle précieuse dans le fonctionnement du groupe ?
C’est un vrai plus. Je sais et je comprends ce qu’ils vivent, surtout dans les défaites, ce sont des moments difficiles. Nous savons déjà que notre performance a été médiocre, si en plus je deviens un donneur de leçon qui appuie là où ça fait mal, il n’y a aucun bénéfice pour la suite. Grâce à mon expérience je sais à quel moment je dois aller leur parler, discuter de ce qui n’a pas été et les remotiver. Le débrief est fait pour ça, il faut relativiser. La solidarité part aussi de là, on gagne ensemble, on perd ensemble, on débrief ensemble et on se dit les choses.

Justement, comment s’est opérée la « remise à l’endroit » après la défaite face à l’Espagne ?
On a eu la chance de rapidement ravaler notre déception et redevenir combatif. La défaite de la demi-finale ne reflétait pas le visage de cette équipe de France. Nous avons vraiment dominé jusqu’au sixième match et arrivés à ce fameux septième, on perd pied. L’équipe de France a été menée de 9 buts, je crois que ça n’a jamais été le cas au niveau international depuis quinze ans. Et dans notre clan, la déception et l’incrédulité se sont de suite fait ressentir. À ce moment il faut positiver et se concentrer sur cette petite finale pour ne pas partir de ce championnat d’Europe avec des regrets.

Vas-tu poursuivre l’intégration de jeunes ?

Nous travaillons continuellement, il y a toujours des choses à voir. Il y a peut-être des joueurs qui vont arriver, éclore, il y a ceux que l’on va récupérer comme les blessés d’aujourd’hui. Nous allons déjà nous appuyer sur ce socle du championnat d’Europe et à partir de là nous allons essayer d’additionner tous les facteurs pour préparer l’avenir. Nous sommes partis de loin et nous avons quand même obtenu une médaille de bronze. C’est de bon augure pour la suite.
Si un jeune est intéressant et a le potentiel pour intégrer l’équipe de France, on ne s’est jamais gêné pour le faire intégrer le groupe. Au contraire, nous cherchons ces talents, nous sommes demandeur. Les compétitions se suivent mais ne se ressemblent pas. Si demain Nikola Karabatic était blessé, il faudrait faire sans lui. Le collectif, tel qu’il était sur cette compétition, a peut-être montré une limite de par sa jeunesse mais à l’arrivée nous obtenons quelque chose de très intéressant pour l’avenir.